Certaines personnes  éprouvent de la difficulté à vivre sereinement leurs émotions. De cette difficulté peut naître un comportement alimentaire troublé.

 

Les personnes sujettes à la boulimie, l’hyperphagie, ou l’anorexie mentale ont pour caractéristique de garder ce qu’elles ressentent pour elles. « Je prends sur moi » disent-elles. Lorsqu’elles se sentent tristes, en colère, joyeuses, ou lorsqu’elles ont peur, elles n’en disent rien ; lorsqu’on leur dit quelque chose de pénible, qu’elles ne sont pas d’accord avec ce qu’elles entendent, lorsqu’elles ne ressentent pas l’envie de faire ce qu’on leur demande, elles n’en parlent pas. C’est la même chose lorsqu’elles traversent un moment particulièrement pénible à vivre. En clair pour ces personnes les émotions c’est une histoire entre elles et elles-mêmes !

 

C’est leur parcours personnel qui les a incitées à contenir ce qu’elles éprouvent. On trouve dans chacune de leur histoire un évènement particulièrement éprouvant pour elles d’un point de vue émotionnel - ou plusieurs évènements successifs – à partir duquel elles ont développé des croyances sur les émotions.

Voici quelques-unes de ces croyances :

 

« J’ai compris que :

ð   ce que je ressens n’est pas normal (à force de « Tu exagères, tu en fais trop, tu es trop sensible, faut pas t’énerver pour si peu, etc. ») ».

ð   être triste ou en colère ne sert à rien, parce que « ça ne change rien à la situation »

ð   ça ne se fait pas de dire ce que l’on a sur le cœur, c’est impoli, ça peut blesser l’autre, ça crée des disputes (« il faut absolument éviter les disputes »)  ».

ð   parler de ce qui me dérange c’est me plaindre, et ceux qui se plaignent sont des boulets ».

ð   si je me laisse aller à mes émotions alors je risque de sombrer. Dans la dépression, la méchanceté,  ou encore la folie ».

ð   ça ne sert à rien de parler de ce que je traverse puisque de toute façon ma parole ne sera pas entendue, ou pas prise en compte ».

ð   je risque d’être quittée si j’ose dire ce que j’ai sur le cœur ».

ð   être déstabilisé(e) par les évènements c’est être faible ».

 

Ce sont ces idées reçues qui les amènent à tout passer sous silence.

 

La stratégie est peu payante : Taire son ressenti devient vite insupportable. Chaque émotion est un signal : quelque chose est entrain de te déranger, réagis !  Tant que le signal  n’est pas pris en compte par son destinataire il continue de retentir dans son corps, et ce de plus en plus fort jusqu’à l’insoutenable. C’est là qu’intervient la compulsion alimentaire*. Si elle parlait français cette compulsion pourrait dire : « Ton émotion te dit qu’une situation ne te convient pas, qu’elle te déstabilise, que tu t’éloignes du bien-être ; elle crie de plus en plus fort pour te faire réagir et toi tu ne fais rien. Ca devient insoutenable il est urgent que tu t’apaises, je te rappelle que l’être humain est fait pour aller bien ! A partir de maintenant je prends le contrôle, je vais te faire faire la seule chose que tu connaisses pour l’instant pour te calmer : manger. Mange ! Mange ! Mange ! ».

 

 

Alors que faire ? Comme nous l’avons vu plus haut, lorsque rien n’est fait pour apaiser une émotion un message d’urgence prend le relais, « Mange ! ». Si au contraire l’émotion est traitée correctement, prise en charge, alors le trouble alimentaire n’a pas du tout de raison d’être, il n’a absolument aucune raison d’intervenir. Que vous souffriez de boulimie, d’hyperphagie, ou d’anorexie mentale, la solution est de développer vos capacités à prendre en charge vos émotions de façon saine, c'est-à-dire d’apprendre à les utiliser pour vous diriger vers le bonheur ; c’est à cette condition que votre comportement alimentaire pourra redevenir normal. Ces compétences de vies peuvent s’acquérir à tout âge, notamment en Thérapie Active. Dans le cadre des Troubles du Comportement Alimentaire l’objectif de la Thérapie Active est simple : J’ai appris à utiliser mes émotions >>> Quand une émotion désagréable apparait je suis capable de retrouver mon bien-être / Quand une émotion agréable apparaît je suis capable de l’accueillir et de la vivre pleinement >>> La boulimie, l’hyperphagie, l’anorexie mentale ne font plus partie de ma vie.

 

 

*Pour calmer ces tensions émotionnelles trop fortes parfois d’autres troubles peuvent prendre le contrôle. Achats compulsifs, scarifications, alcoolisation,  consommation de cannabis, addictions : aux jeux, au sexe, aux consultations de voyance, au vol, etc.

 

 

Article écrit par Barbara Verhaeghe, Thérapeute TCA

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